Bozdag: "Nous entrerons à Manbij et irons à l'Est de l'Euphrate" s'il le faut (Lead)

"Si des soldats américains devaient porter les uniformes des terroristes et s’ils devaient croiser des soldats turcs, il serait alors impossible de les distinguer", a notamment prévenu le vice-Premier ministre turc Bekir Bozdag

AA - Ankara - Tuncay Çakmak

Le vice-Premier ministre turc et porte-parole du gouvernement, Bekir Bozdag, a affirmé, dimanche, que la Turquie n’hésitera pas à étendre ses opérations contre les organisations terroriste en Syrie, à Manbij et à l’est de l’Euphrate, si nécessaire.

Bekir Bozdag était interviewé dimanche par la chaîne d’information privée turque CNN Turk.

Il s’est longuement exprimé au sujet de l’Opération "Rameau d’olivier", lancée le 20 janvier à Afrin, dans le nord-ouest de la Syrie, contre les organisations terroristes du PYD/PKK et de Daech, afin de libérer la région de totue présence terroriste et de sécuriser ses frontières.

Bozdag a d’abord livré le dernier bilan des opérations, en l'occurrence, 932 terroristes au moins ont été neutralisés depuis le 20 janvier.

"Dans nos rangs, nous comptons 13 martyrs et 39 blessés. Nos alliés de l’Armée Syrienne Libre (ASL) comptent quant à eux 30 martyrs et 158 blessés", a-t-il indiqué.

"Ce combat est de longue haleine. Je vous rappelle que les armes utilisées par les terroristes sont modernes et efficaces. Les Etats-Unis ont fourni au PYD/YPG/PKK plus de 5 mille camions et 2 mille avions bondés d’armes", a-t-il poursuivi.

Le vice-Premier ministre turc a saisi l’occasion pour dénoncer une nouvelle fois l’aide militaire à une organisation terroriste qui menace les frontières d’un pays allié membre de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN).

"Retrouver des armes venant de notre allié au sein de l’OTAN dans les mains des terroristes qui nous attaquent est inacceptable. Nous exprimons cette réalité dans les plus hautes sphères. Je précise que l’attaque de samedi contre l’un de nos chars, qui a fait 5 martyrs parmi nos soldats, est très minutieusement étudiée. Nous apprendrons bientôt quelles armes ont été utilisées", a-t-il dit.

Bozdag a ensuite fait part de toute la détermination de la Turquie à aller jusqu’au bout des opérations.

"Nous poursuivrons tant qu’il y aura des terroristes dans la région. Les pays qui, comme les Etats-Unis, demandent que les opérations prennent fin rapidement doivent dans ce cas arrêter de fournir des armes aux terroristes", a-t-il dit.

"Ils doivent récupérer les armes qu’ils ont fourni au PYD/YPG. Ils doivent empêcher que ces terroristes attaquent la Turquie. Si les terroristes quittent la région, c'est à ce moment seulement que nos opérations pourront prendre fin. Mais pour l’heure, rien n’est fait, ils nous font des promesses qui ne sont pas suivies sur le terrain", a-t-il expliqué.

Le porte-parole du gouvernement a insisté sur le fait que la Turquie ne peut se satisfaire désormais de simples paroles et que les Etats-Unis, en agissant sur le terrain, doivent regagner la confiance de la Turquie.

"Le président Trump s’est personnellement engagé à mettre fin aux aides militaires au PYD/PKK. C’est peut-être le cas à Afrin, mais ce n’est pas le cas à Manbij et dans les autres régions envahies par l’organisation terroriste. Pour cette raison, si les terroristes ne quittent pas Manbij comme prévu, alors nous entrerons à Manbij. Et ensuite, nous irons à l’Est de l’Euphrate. Nous avons l’obligation de garantir la sécurité de nos citoyens et de notre territoire. Nous ne permettrons jamais la création d’un Etat terroriste au sud de nos frontières", a-t-il martelé.

Pour conclure, Bekir Bozdag s’est exprimé sur le risque que les soldats turcs croisent des soldats américains sur le terrain en Syrie.

"Nous ne voulons absolument pas croiser les Etats-Unis sur notre route. Les responsables américains aussi déclarent la même chose. Pour cela, les Américains doivent faire preuve de la même attention que celle de la Turquie. Si des soldats américains devaient porter les uniformes des terroristes et s’ils devaient croiser des soldats turcs, il serait alors impossible de les distinguer. Ceux qui nous attaquent avec les terroristes seront aussi nos ennemis", a-t-il expliqué.

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