Bujumbura dénonce le silence de l'ONU sur «l’évolution positive de la situation»

Le 6 février, le SG de l’ONU Antonio Guterres avait estimé dans un rapport présenté au Conseil de sécurité, que "la situation politique demeure tendue au Burundi".

AA/Bujumbura/Jean Bosco

Le Gouvernement burundais a dénoncé "le silence" de l’Envoyé spécial de l’ONU sur «l’évolution positive de la situation» au Burundi.

"Le Gouvernement du Burundi s’interroge sur le silence de Monsieur Michel Kafando, l’initiateur du rapport présenté par le Secrétaire Général Antonio Guterres, sur l’évolution positive de la situation au Burundi dont il a été témoin lors de son récent séjour dans le pays, en se focalisant uniquement sur la Réforme Constitutionnelle en cours", a déclaré Philippe Nzobonariba, Secrétaire général et porte-parole du gouvernement burundais.
dans un communiqué publié mercredi soir.

Bujumbura estime, en effet, que les récents propos de Guterres sur Bujumbura résultent «d’un briefing erroné de la part de certains collaborateurs ou conseillers du Secrétaire Général des Nations Unies sur la situation qui prévaut au Burundi».

Du coup, Bujumbura se dit victime du manque d’indépendance de certains envoyés spéciaux de l’ONU au Burundi. «Il y en a qui, au lieu de faire correctement et d’une manière indépendante le travail qui leur est demandé et rapporter la situation telle qu’elle se présente, n’hésitent pas d’afficher leur positionnement par rapport à la problématique de la question burundaise», a déploré Philippe Nzobonariba.

Estimant que le récent rapport de l’ONU «est une ingérence flagrante dans les affaires constitutionnelles du Burundi », les autorités burundaises invitent le Conseil de Sécurité de l’ONU «à prendre note de cette entorse à la Charte lors de sa réunion du 26 février 2018 sur ce rapport».

L’ONU n’a pas encore réagi à ces déclarations de Bujumbura, jeudi à 11h00 GMT.

Le 6 février, le SG de l’ONU Antonio Guterres avait estimé dans un rapport présenté au Conseil de sécurité, que "la situation politique demeure tendue au Burundi", notant que "le Gouvernement continue d’essayer d’obtenir une révision de la Constitution", fait qui "exacerbe les tensions avec l’opposition".

L’opposition burundaise a immédiatement soutenu le rapport de l’ONU.

Insensibles aux mises en gardes de l’opposition et de la communauté internationale, les autorités burundaises ont pris l’option de réformer la constitution sans attendre les résultats du dialogue extérieur jugé plus indépendant et conduit par la Communauté est-africaine (CAE) sous l’égide du Facilitateur Benjamin Mkapa. Le référendum constitutionnel est fixé en mai prochain.

Le projet de réforme constitutionnelle, contesté par l'opposition, et qui sera soumis au vote en mai prochain, prévoit, entre autres révisions, une prolongation de la durée du mandat présidentiel qui passera de 5 à 7 ans.

L’actuelle constitution, émanation de l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation qui avait mis fin à une décennie de guerre civile, limite à deux le nombre de mandats présidentiels consécutifs et à 5 ans la durée de chaque mandat.

Depuis fin avril 2015, le Burundi est secoué par une grave crise politique et sécuritaire, née de la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat présidentiel jugé illégal par l’opposition et la société civile.

Les violences générées par cette crise ont déjà fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 420.000 personnes à fuir le pays, selon un rapport de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR) publié le 31 décembre 2017.

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