Burundi : Deux morts dans des affrontements entre militaires et ‘’assaillants’’

Les rebelles burundais du mouvement Forces nationales des libérations (Fnl) dirigés par Colonel Aloys Nzabampema, déserteur de l’armée burundaise, sont soupçonnés d’être les auteurs de cette attaque.

AA / Bujumbura / Yvan Rukundo

Deux personnes sont mortes lundi soir dans des affrontements entre les forces de l’ordre et un groupe d’assaillants sur la route nationale Bujumbura-Rugombo, à Gihanga, dans l'Ouest du Burundi, a appris Anadolu de source officielle.

«C’était vers 20h, lorsqu’un camion rempli de marchandises en provenance de Cibitoke est tombé dans une embuscade sur la première transversale, à Gihungwe, à la sortie de la réserve naturelle de Rukoko», a précisé Léopold Ndayisaba, administrateur communal, joint par Anadolu, mardi.

Il a indiqué que les assaillants ont, d’abord, mitraillé le conducteur pour l’obliger de s’arrêter.

Trois personnes dont le chauffeur ont été enlevées et différentes marchandises pillées, ajoute la même source.

Et l'administrateur de poursuivre : «Il y a eu alors des échanges entre ces assaillants inconnus et les militaires venus en intervention. Et les affrontements ont fait deux victimes et quatre blessés parmi les civils».

Des témoins oculaires sur place indiquent que l’une des trois personnes enlevées a pu se sauver et que le bilan risquait de s’alourdir, parce que des crépitements d’armes se faisaient entendre mardi matin.

«Et les assaillants se sont repliés vers la réserve naturelle de Rukoko», confient les mêmes sources, soupçonnant des rebelles burundais du mouvement Forces nationales des libérations (Fnl) dirigés par Colonel Aloys Nzabampema, déserteur de l’armée burundaise, d’être les auteurs de cette attaque.

«Ils font des navettes entre l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) et l’Ouest du Burundi en traversant la rivière Rusizi séparant les deux pays », témoignent les habitants de Gihanga.

Les témoins ajoutent en outre, que ces rebelles sont responsables de plusieurs embuscades et razzias dans l’Ouest du pays surtout dans les communes Gihanga, province Bubanza, Mutimbuzi dans Bujumbura dit rural ou dans la commune Buganda, province Cibitoke.

Cette attaque intervient à un mois de la tenue du référendum constitutionnel fixé au 17 mai prochain, selon un décret présidentiel, sorti récemment.

La nouvelle constitution qui sera soumise au vote le 17 mai prochain apporte deux changements majeurs, relatifs au mandat présidentiel qui passera de 5 à 7 ans et sera «renouvelable».

Un changement majeur par rapport à la constitution actuelle, émanation de l’Accord d’Arusha signé en août 2000, qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels consécutifs de 5 ans chacun.

Depuis près de trois ans, le Burundi vit dans une crise politico-sécuritaire née de la décision de Pierre Nkurunziza de briguer un 3ème mandat illégal et contesté par l’opposition, la société civile et une partie de son propre camp.

Les violences consécutives aux contestations ont déjà fait plus de 1000 morts et ont poussé plus de 400.000 personnes à l’exil selon l’ONU et des ONG.

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