Burundi/ Référendum constitutionnel: HRW dénonce une «répression» des opposants

Le Burundi s'apprête à tenir le 17 mai prochain un référendum constitutionnel, en dépit du refus affiché de la majeure partie de l'opposition.

AA/Bujumbura/Jean Bosco

L’Organisation Human Rights Watch (HRW) a dénoncé, mardi, une «répression» des opposants au référendum constitutionnel prévu le 17 mai au Burundi.

«Depuis le 12 décembre 2017, lorsque le président Pierre Nkurunziza a annoncé le référendum, les agents de l'Etat et les membres des Imbonerakure (ligue des jeunes affiliée au parti au pouvoir) ont utilisé la peur et la répression», a déploré l'ONG dans un communiqué publié mardi sur son site officiel.

HRW annonce, en outre, avoir recensé, depuis le 12 décembre dernier, 19 cas d'abus qui ont visé des opposants, "réels ou présumés" au projet de réforme voulu par Bujumbura.

"Les forces gouvernementales burundaises et les membres du parti au pouvoir ont tué, battu et intimidé les opposants présumés au référendum constitutionnel du 17 mai 2018 qui permettrait au président de prolonger son mandaté", indique l'ONG, notant que la répression va crescendo au fur et à mesure que l’échéance du référendum s’approche.

"Il ne fait aucun doute que le prochain référendum s'accompagnera de plus d'abus", a déclaré à ce propos Ida Sawyer, directrice de la division Afrique centrale de Human Rights Watch.

Partant de ces constats l'ONG exhorte les autorités burundaises à ordonner immédiatement et publiquement aux responsables et aux membres de la ligue des jeunes Imbonerakure de "cesser d'intimider, de battre, de détenir illégalement et de maltraiter les gens" et le système judiciaire burundais à ’"enquêter et poursuivre les crimes documentés".

Bujumbura n’a pas encore réagi à ces allégations de HRW.

Le Burundi s'apprête à tenir le 17 mai prochain un référendum constitutionnel, en dépit du refus affiché de la majeure partie de l'opposition.

La nouvelle constitution apporte, deux changements majeurs au niveau du mandat présidentiel qui passera de 5 à 7 ans et sera «renouvelable». En outre, la nouvelle constitution ne fait plus référence à l’Accord d’Arusha signé en août 2000. C’est cet accord qui, en 2003, avait mis fin à une décennie de guerre civile.

Depuis fin avril 2015, le Burundi est secoué par une grave crise politique et sécuritaire, née de la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat présidentiel jugé illégal par l’opposition et la société civile.

Les violences générées par cette crise ont déjà fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 420.000 personnes à fuir le pays, selon un rapport de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR) publié le 31 mars 2018.

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