Burundi-Référendum : L’opposition saisit la communauté internationale pour «arrêter le processus»

Un mémorandum a été adressé au secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, au président en exercice de l’Union africaine, Paul Kagame, au président de la Communauté de l'Afrique de l'Est, Yoweri Museveni, et au président de la commission de l’Union africaine, Faki Mahamat.

AA / Bujumbura / Jean Bosco

L’opposition burundaise vient de demander aux communautés africaine et internationale d’user de tous leurs «prérogatives et pouvoirs» pour arrêter le processus de révision de la constitution en cours, a appris Anadolu d’un mémorandum fuité mardi soir.

Le document a été respectivement adressé au secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, au président en exercice de l’Union africaine, Paul Kagame, au président de la Communauté d'Afrique de l'Est, Yoweri Museveni, et au président de la commission de l’Union africaine, Faki Mahamat.

«A un peu plus d’un moins d’un référendum de tous les dangers pour le Burundi, les partis et acteurs politiques de l’opposition, avons l’insigne honneur de vous adresser ce mémorandum pour vous demander d’user de tous vos prérogatives et pouvoirs que vous confèrent vos fonctions et ou mandats respectifs pour arrêter ce processus», a-t-elle déclaré.

Les institutions internationales sont saisies pour leur rôle dans la signature de l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation des Burundais.

«En vos qualités de signataires et garants de l’Accord d’Arusha, de président en exercice de la CAE et médiateur dans le conflit burundais, de responsables des organisations dont la mission est d’assoir la paix et la sécurité dans le monde et sur le continent africain, le peuple burundais est convaincu qu’il ne peut aujourd’hui retrouver le salut qu’à travers votre engagement solidaire et déterminé», a spécifié le document.

L’opposition burundaise considère que ce processus référendaire est porteur de beaucoup de dangers pour le Burundi.

«Si ce projet de constitution devrait être adopté, les espoirs qu’avait suscités l’accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation et la constitution qui en est issue, voleraient en éclats», a averti l'opposition.

Elle a ajouté que «les acquis engrangés en termes de paix, de sécurité, mais également de cohésion sociale entre Burundais seraient également mis à rude épreuve».

Ce mémorandum a été signé par Agathon Rwasa, président du Front national de libération (FNL-Amizero), Léonce Ngendakumana, vice-président du Front pour la démocratie au Burundi (Frodebu) et par Evariste Ngayimpenda, président du parti Union pour le progrès national (UPRONA).

Les organisations saisies n’ont pas encore réagi à cette interpellation de l’opposition burundaise.

Pendant ce temps, Bujumbura chemine sereinement vers un référendum constitutionnel, déjà fixé au 17 mai 2018.

La nouvelle constitution apporte, deux changements majeurs au niveau du mandat présidentiel qui passera de 5 à 7 ans et il sera «renouvelable».

En outre, la nouvelle constitution ne fait plus référence à l’Accord d’Arusha signé en août 2000. C’est cet accord qui, en 2003, avait mis fin à une décennie de guerre civile.

Depuis fin avril 2015, le Burundi est secoué par une grave crise politique et sécuritaire, née de la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat présidentiel jugé illégal par l’opposition et la société civile.

Les violences générées par cette crise ont déjà fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 420.000 personnes à fuir le pays, selon un rapport de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR) publié le 31 mars 2018.

YORUMLARI GÖR ( 0 )
Okuyucu Yorumları 0 yorum
Diğer Haberler