Erdogan: "Tout pays de l'OTAN a le même poids que les Etats-Unis" (Lead)

"Nous avertissons ceux qui cherchent à profiter de nos opérations au Sud (Afrin/Syrie) pour dépasser les limites à Chypre et en Mer Egée", a notamment déclaré le Président turc

AA - Ankara - Tuncay Çakmak

Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a mis en garde les Etats-Unis d’un côté, et la Grèce et la partie grecque de Chypre de l’autre, contre des volontés opportunistes en Syrie pour le premier et en mers Egée et Méditerranée pour le second.

Le Chef de l’Etat s’est exprimé, mardi, lors de la réunion de groupe au Parlement turc du Parti de la Justice et du Développement (AK Parti), dont il est aussi le président.

Il a tout particulièrement traité de l’opération Rameau d’olivier, lancée le 20 janvier contre les organisations terroristes PYD/YPG/PKK et Daech, à Afrin, dans le nord-ouest de la Syrie.

Il en a profité pour critiquer une nouvelle fois le soutien américain au PYD/YPG/PKK.

"Il est certain que la décision de notre partenaire stratégique, de notre allié, de soutenir financièrement le PYD/YPG, en plus du soutien militaire, va avoir des conséquences sur nos propres décisions. Il faut savoir une chose : la Turquie n’est pas un état à prendre à la légère. Notre tradition étatique date de plusieurs siècles. Nous agirons donc en fonction de cela. Nous surveillons tout ce qu’il se passe dans la région", a-t-il déclaré.

Le Président turc a voulu faire le lien avec les agissements de la Grèce et de la partie grecque de Chypre en Mer Egée et autour de l’île méditerranéenne.

Les autorités grecques ont multiplié ces derniers temps les provocations en Mer Egée, autour des îlots et rochers se trouvant dans les eaux territoriales turques.

Dans le même temps, les autorité grecques de Chypre-sud continuent de provoquer la Turquie en menant des sondages de gaz naturel en Méditerranée, malgré les avertissements de la Turquie qui s’oppose à toute initiative unilatérale autour de l’île qui violerait les droits de la République Turque de Chypre Nord.

"Il ne faut pas croire que nous n'avons pas vu les initiatives opportunistes concernant le gaz naturel autour de Chypre et concernant des îlots en Mer Egée. Nous avertissons ceux qui cherchent à profiter de nos opérations au Sud (Afrin/Syrie) pour dépasser les limites à Chypre et en Mer Egée. De la même manière que nous avons déjoué les plans des opportunistes à nos frontières du sud, avec les opérations Bouclier de l’Euphrate et Rameau d’olivier, et très bientôt à Manbij et les autres régions, nous le ferons aussi avec eux à Chypre et en Mer Egée", a-t-il averti.

Recep Tayyip Erdogan a ensuite appelé les sociétés étrangères, qui prennent part à ces recherches autour de Chypre, à ne pas collaborer avec les autorités grecques de l’île.

"Je conseille aux société étrangères de ne pas se fier aux autorités grecques de Chypre du Sud pour entreprendre des choses qui les dépassent. Car leur courage disparait quand nos navires, nos avions et notre armée arrivent. Les accords concernant ces sondages n'ont aucune valeur", a-t-il souligné.

Le Président turc a affirmé que la Turquie est déterminée à protéger "ses droits que lui confèrent l’Histoire, les accords et le droit international".

"Pour nous, nos droits en Mer Egée et à Chypre sont les mêmes qu’à Afrin", a-t-il martelé.

Erdogan est ensuite revenu sur l’opération en Syrie et les désaccords avec Washington.

"Ceux qui nous demandent de mettre fin aux opérations doivent d’abord regarder les tunnels, les tours, les villages totalement armés et les terroristes qui bénéficient des armes les plus performantes. Si malgré toutes ces réalités, certains affirment que tout cela ne fait pas partie d’un plan contre mon pays, alors il n’y a plus rien à leur dire", a-t-il expliqué.

Selon le président turc, certains pays attendent que la Turquie se rende aux terroristes.

"Mais comment qualifier ce fonctionnement dans l’OTAN ? Si nous sommes alliés au sein de l'OTAN, de la même manière que la Turquie doit respecter les règles et les décisions de cette alliance, les Etats-Unis aussi doivent le faire. A mes yeux, l'OTAN ne signifie pas Etats-Unis, chacun des pays membres a le même poids que les Etats-Unis", a-t-il dénoncé.

Pour Erdogan, la législation interne de l’Alliance Atlantique nécessite que chacun des pays membres soutiennent et viennent en aide à un autre pays membre attaqué.

Selon lui, il est désormais inacceptable de soutenir le PYD/YPG en Syrie dans le prétexte de combattre Daech, alors que tous ces groupes terroristes se trouvent sur le même front contre la Turquie.

"La pièce de théâtre Daech en Syrie et en Irak est maintenant terminée. Nous demandons que toutes les parties retirent leurs masques et nous affrontent avec leurs vrais visages. Ceux qui donnent des poses aux côtés des membres du PKK et qui ensuite osent dire qu’ils ne savaient pas qu’il s’agit du PKK, sont soit stupides, soit ils nous prennent pour des imbéciles. Ils disent qu’ils répliqueront s’ils sont attaqués. Il est clair qu’ils n’ont jamais subi une claque ottomane. Nous n’allons pas les attaquer volontairement, mais ils doivent savoir que nous éliminer tous les terroristes, à commencer par ceux avec qui ils s’affichent", a-t-il poursuivi.

Mais Erdogan a voulu souligner une nouvelle fois que l’Armée turque met en œuvre pour protéger les civils de la région.

"Si la Turquie ne faisait pas attention aux civils, Afrin serait libéré sans perte dans nos rangs et nous aurions totalement rasé la région", a-t-il affirmé.

Le Chef de l’Etat a ensuite critiqué les propos et les déclarations de Kemal Kilicdaroglu, président du parti d’opposition Parti Républicain du Peuple (CHP), concernant les opérations à Afrin.

"Si tu as un peu de courage et d’éthique, tu dois clairement dire que ces groupes sont terroristes. Le PKK nous menace depuis 34 ans. Il s’est d’abord organisé sur le Mont Qandil en Irak et maintenant il veut fermer toutes nos frontières avec la Syrie. Mais certains partis et politiciens en Turquie ne sont pas capables de dire ouvertement que ce sont des terroristes", a-t-il continué.

Pour conclure, le Président turc a dénoncé les déclarations de Ilker Basbug, ancien chef d’état-major turc, affirmant que l’opération d’Afrin ne doit pas être politisée.

"Sur quoi se base-t-il pour dire ça ? Il aura la réponse qu’il mérite. Nous ne pouvons approuver ce genre de propos. C’est malheureux", a-t-il dit.

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