Est de la RDC : Libération de deux artistes musiciens

Ils avaient été enlevés jeudi dernier à Goma

AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa

Un artiste musicien engagé et son compagnon, enlevés jeudi dernier à Goma dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), ont été relâchés lundi matin, a-t-on appris de sources concordantes.

"Black Man Bausi et son collègue Romeo Archip ont été retrouvés à Munigi près de la ville de Goma (…) ils étaient faibles et portaient des traces de tortures", a déclaré à Anadolu Faustin Zabayo, un responsable de la société civile du territoire de Nyiragongo, dont Munigi est une des localités.

"J’ai pu identifier mes ravisseurs", a laconiquement déclaré l’artiste musicien joint au téléphone par Anadolu. Les raisons de son enlèvement ne sont pas encore connues mais la victime a indiqué, à Anadolu, qu’elle recevait avant sa disparition des messages de menaces de la part "d’inconnus".

Vite conduit dans une structure sanitaire locale pour des soins, Bausi a dernièrement sorti deux chansons dans lesquelles il critiquait fortement un pasteur protestant, proche des autorités du pays et dénonçait la persécution dont fait l’objet l’Eglise catholique depuis la première marche des laïcs contre le président Kabila fin 2017.

Samedi dernier, plusieurs dizaines de jeunes qui voulaient manifester à Goma pour exiger sa libération ont été dispersés par le gaz lacrymogène.

"Nous exigeons des enquêtes sérieuses impartiales pour dissuader d’autres éventuels kidnapping", a déclaré Jean-Paul Lumbu Lumbu avocat et représentant de la notabilité du Nord-Kivu, province dont Goma est la capitale. "Quel que soient leurs rangs, les auteurs de cet acte doivent être punis", a-t-il insisté.

En RDC, l’Eglise catholique est à couteaux tirés avec le régime du président Joseph Kabila, à qui elle exige un engagement solennel à ne pas briguer un troisième mandat en dehors de son deuxième et dernier, qui a pris fin en décembre 2016 sous forte tension dans le pays.

Le comité laïc de coordination (CLC) à l’initiative de deux précédentes marches anti-Kabila, les 31 décembre et 21 janvier, dont le bilan tourne autour d’une dizaine de morts a appelé samedi dernier les fideles catholiques et les Congolais en général à des marches le 25 février prochain contre la dictature.

Reconnu par l’épiscopat et Saint-Siège, ce collectif catholique a dénoncé "la persistance de l’arrogance" du pouvoir, mais aussi "son mépris et son insouciance" comme réponse aux deux précédentes marches.

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