Est de la RDC : Renoncer au braconnage pour travailler la terre

-Anadolu a rencontré Emmanuel Abati, ancien chasseur clandestin a décidé de délaisser cette activité "dangereuse" et nuisible pour l'environnement pour se mettre à l'agriculture.

AA/Goma/Joseph Tsongo

Depuis plusieurs années, le parc national des Virunga fait non seulement face à l'insécurité mais surtout au braconnage. Des riverains, parfois armés, s'y introduisent discrètement à la conquête de certaines espèces. Mais plusieurs y perdent souvent la vie. Se confiant à Anadolu, Emmanuel Abati, un ancien braconnier dit avoir eu la chance de revenir.

Du coup, il a choisi un autre chemin de vie : « ça ne paye pas, j'ai renoncé au braconnage...et je suis devenu agriculteur » déclare-t-il.

Emmanuel Abati, la cinquantaine, a un long parcours "cruel" derrière lui. Cet ancien chasseur admet avoir été parmi les vrais « Nguvya », braconniers rodés en Kinande, sa langue maternelle. Il a passé plus de la moitié de sa vie, soit près de 25 ans,àchasser des animaux dans le parc national des Virunga. À l'époque, il habitait à Kahunga, localité proche de ce parc classé au patrimoine mondial.

Au départ : « je faisais semblant de me diriger au champ, alors que je prenais la direction du parc ...et chaque jour à l'aube, je revenais de là avec de la viande boucanée ( séchée) comme si je rentrais du champ » se souvient Abati, affirmant que personne dans le village ne savait qu'il était braconnier, sauf certains membres de sa famille.

« J'avais plusieurs fois écrasé des antilopes » déclare-t-il, ajoutant qu'il travaillait en groupe avec quatre autres chasseurs.

"Je ne me rappelle pas bienle nombre exact mais nous avons abattu plusieurs hippopotames aux alentours du lac Edouard, des éléphants, des buffles et des oiseaux...", ajoute-t-il, une pointe de regret dans la voix.

Il se rappelle, en outre qu'ils devaient rejoindre le parc la nuit et à pied afin de ne pas alerter les gardes du parc. " une fois, deux de mes compagnons ont été emportés par les eaux d'une rivière sortie de son lit à cause de la pluie", poursuit encore l'ex-braconnier.

Outre les aléas climatiques, ces chasseurs clandestins devaient faire face à toute sorte de dangers notamment à des animaux sauvages et difficiles à capturer, risquant ainsi leur vie.

Plusieurs de sesamis chasseurs ont d'ailleurs perdu la vie lors de ces expéditions. Fait qui a fini par le décider à laisser définitivement le braconnage et de se mettre à une activité sûre, l'agriculture.

Ainsi, Emmanuel Abati a décidé,depuis une dizaine d'années de troquer ses outils de chasse contre l'agriculture, activité qui lui permet de gagner convenablement sa vie tout en participant à la protection de l'écosystème du parc des Virunga, fait-il remarquer.

(AA)

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