FITA 2018 : Plus de 1,3 milliard d’euros pour soutenir les exportations tunisiennes vers l’Afrique

Amen Bank a une stratégie pour l’Afrique (Ahmed El Karm)

AA / Tunis / Bouazza Ben Bouazza

La première édition du Forum "Financing Investment & Trade in Africa", Fita 2018, qui s'est récemment tenue à Tunis s’est soldé par un bilan assez positif, selon le président de Tunisia Africa Business Council (TABC), Bassam Loukil, initiateur de ce forum.

Outre les différentes interactions entre officiels, opérateurs et institutions financières, il y a eu des rencontres "B to B", des problématiques exposées concernant l’export et l’investissement en Afrique ainsi que des pistes de solutions proposées à l’étude.

Mais le coup de maître qu’a réussi TABC réside, sans doute, dans les promesses de financement obtenus des différentes institutions financières présentes.

Des engagements pour le financement et le développement des exportations tunisiennes sur 2018 qui dépasseraient les 1,3 milliard d’euros, s’est félicité le président de TABC.

Mieux, des engagements qui pourraient être facilement revus à la hausse, si les montants sont épuisés avant 2018 par les opérateurs tunisiens, a-t-il confié à la presse locale.

«La problématique du financement des entreprises tunisiennes dans leurs opérations à l’export ou dans leurs investissements en Afrique a été bien exposée et débattue, pendant ces deux jours», a-t-il noté.

Et d’ajouter : «Les hommes d’affaires tunisiens ont beaucoup de potentialités, des contrats, des projets d’investissement en Afrique. Ils ont surtout énormément de mal à trouver des financements, à cause de la réglementation de change ou à cause de l’absence de la volonté des banques tunisiennes de les accompagner et de prendre un minimum de risque».

Face à ces entraves, Bassem Loukil relève avec satisfaction que "toutes les institutions financières que nous avons invitées à participer à ce forum sont venues avec des propositions concrètes, des lignes de financement et de crédit et une volonté extraordinaire d’accompagner tout de suite les opérateurs tunisiens dans leur aventure africaine".

Il a évoqué "des outils de financement parfaitement adéquat aux besoins des hommes d’affaires tunisiens et qui vont de pair avec la réglementation en vigueur et avec la capacité et les spécificités de sociétés tunisiennes et leurs produits".

"Toutes ces institutions croient en l’économie tunisienne, aux produits tunisiens et aux compétences tunisiennes et ils sont prêts à financer sans la moindre hésitation, les opérateurs tunisiens. C’est un gisement de crédibilité et de confiance sur lequel nous devons bâtir une nouvelle stratégie africaine", a-t-il xpliqué.

"Aujourd’hui, il est clair qu’il y a des alternatives et des moyens pour financer nos exportations, il faut aller les chercher, multiplier les rencontres. Il faut que l’homme d’affaires tunisien se déplacent sur place et chercher ces fonds", a-t-il insisté.

"Le rôle de TABC est de donner aux hommes d’affaires tunisiens et à ses adhérents des informations sur chacun des aspects de développement en Afrique, dont le financement, la logistique, le transport, les correspondances, l’accès à des informations sur d’éventuels clients ou de partenaires en Afrique : tout ceci fait partie du réseau TABC et du service que nous offrons à nos clients pour faciliter leur accès.", a-t-il expliqué.

"Nous sommes, également, prêts à introduire les PME tunisiennes à ces fonds et institutions financières", a-t-il précisé.

Il a fait observer dans ce contexte que "la convention qu’a signée TABC avec ITFC (International islamic trade finance coropration) filiale de la BID (Banque islamique de développement), concerne la gestion et l’introduction des dossiers des sociétés tunisiennes auprès de cette institution financière pour faciliter leurs accès à ces lignes".

L’accord sur 3 ans permet d’accélérer l’étude des dossiers, d’avoir une réponse rapide dans un délai ne dépassant pas une semaine et de donner la priorité aux Tunisiens, sans plafond pour les montants prêtés.

"Le fonds de garantie et d’assurance, ICIEC (The islamic corporation for insurance of investment and export credit), une autre filiale de la BID, offre, pour sa part, des services en assurance, cautionnement et garanties, très importants, des problématiques où les sociétés tunisiennes peinent également, défaillances qui seront palliés par ces institutions. L’Afreximbank est venu au marché tunisien, quant à lui, avec une enveloppe globale de pas moins de 500 millions d’euros", a-t-il encore révélé.

Il n’y a pas que les sociétés internationales qui soutiennent les entreprises tunisiennes à l’export. Plusieurs banques de la place multiplient les efforts, malgré les entraves et une réglementation de change assez rigoureuse. Parmi elles, Amen Bank. C’est dans ce cadre que le président de son directoire, Ahmed El Karm, a présenté la stratégie de la banque pour le continent.

« L’Amen Bank a la solution Afrique, une solution composée de plusieurs éléments et qui est opérante et efficace, dans le sens où nous offrons un financement approprié à tous les besoins d’exportations tunisiennes, au niveau du préfinancement des exportations pour préparer un stock marchant à exporter et pour la mobilisation des créances sur les entreprises africaines, et la banque centrale refinance ce type de créance, donc elles sont sollicitées par les banques et mises à la disposition des exportateurs", a-t-il dit.

«La banque a créé, aussi, un fonds d’investissement l’Afrique Amen, dont la mission est de financer l’investissement des Tunisiens en Afrique, soit pour construire une entreprise en Afrique, soit pour racheter une entreprise, pour consolider davantage le mouvement commercial avec les pays du continent. Un fonds qui marche très bien, d’un capital initial de 30 millions de dinars. Nous allons bientôt lever un nouveau fonds de 50 millions dinars, dès l’épuisement du premier fonds », a ajouté le président.

« Pour sa part, la compagnie de leasing Alios, qui travaille dans 9 pays africains, ne fait pas uniquement le leasing mais également des crédits d’investissement : elle est là pour appuyer les entreprises tunisiennes lorsqu’elles ont un besoin d’investissement. La Comar, qui appartient au groupe Al Amen, a créé, quant à elle, une compagnie d’assurance à Abidjan. Donc nous couvrons à la fois le financement, la prise de participation et l’assurance», a-t-il indiqué en faisant état d’un projet d’ouverture d’une banque tunisienne dans les pays africains afin de répondre aux « revendications légitimes des opérateurs ».

Et de conclure : « Nous sommes ouverts à tout type de solution, l’important c’est qu’on soit présent, seul, avec d’autres banques ou avec des fonds internationaux. Le plus important, c’est de trouver une solution pérenne, d’avenir, qui garantit la stabilité et la solidité, pour qu’il y ait un instrument utilisé par nos entreprises et l’économie tunisienne pour se développer. L’Afrique, c’est l’avenir de la Tunisie».

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