FMI: la Tunisie progresse, mais peut mieux faire

L'institution de Bretton Woods recommande de s'attaquer aux déséquilibres économiques pour pérenniser la reprise

AA/Tunis/Bouazza Ben Bouazza

Au terme d'un séjour d'une semaine qu'elle vient d'effectuer en Tunisie, une équipe du Fonds monétaire international (FMI) a fait un diagnostic à deux visages sur l'évolution de l'économie tunisienne, soulignant que celle-cie est sur le bon chemin, mais qu'elle peut mieux faire.

Dirigée par Bjoern Rother, la mission du FMI a eu du 4 au 11 avril. Les discussions ont été qualifiées de "fructueuses" avec plusieurs hauts responsables gouvernementaux, d'organisations nationales et de représentants de la société civile qui ont porté sur les récents développements économiques dans le pays et les plans d'action des autorités tunisiennes dans le cadre du programme de réformes économiques soutenu par le Mécanisme élargi de crédit (MEDC) en vertu duquel le Fonds a accordé à la Tunisie un prêt d'un montant global de 2,9 milliards de dollars sur quatre ans.

Ce mécanisme est destiné à soutenir un programme de réformes visant à corriger des déséquilibres structurels.

Dans un communiqué dont l'agence Anadolu a obtenu copie, les experts de l'institution financière internationale relèvent que l'économie tunisienne continue d'être caractérisée au début de l'année 2018 par "des tendances opposées": "la croissance économique s'accélère, portée par une bonne saison agricole, une hausse des investissements et une reprise naissante des exportations".

D’un autre côté, les risques pour la stabilité macroéconomique se sont accrus : l'inflation a rapidement augmenté à 7,6% en mars, les réserves internationales restent inférieures à 90 jours de couverture des importations et la dette publique et extérieure a atteint, respectivement, 71% et 80% du PIB

Aussi, jugent-ils "essentiel" de s'attaquer aux déséquilibres économiques pour pérenniser la reprise et jeter les bases d'une croissance économique juste et équitable à l'avenir.

Pour ce faire, ils estiment que le fait de "contenir la dette aujourd'hui aidera à prévenir l'augmentation des impôts demain".

En vue de faire baisser le déficit budgétaire conformément à l'objectif de la loi de finances 2018, le FMI recommande de réduire les subventions énergétiques jugées "injustes", en augmentant les prix domestiques de l'énergie afin de suivre l’évolution des prix internationaux du pétrole.

En ce qui concerne la masse salariale "très élevée" du secteur public, il considère que "toute augmentation supplémentaire des salaires serait très difficile à maintenir, à moins que la croissance ne surprenne à la hausse". L'institution internationale se déclare par ailleurs, en faveur du relèvement de l'âge de la retraite et des réformes paramétriques supplémentaires pour contenir les déficits du système de sécurité sociale".

L'équipe du FMI est également d'accord avec la banque centrale sur le fait que l'ancrage des anticipations d’inflation par des augmentations supplémentaires du taux directeur sera "crucial, si l'inflation ne baisse pas rapidement". Car, plaide-t-elle, "réduire l'inflation protégera les couche vulnérables, maintiendra le pouvoir d'achat de la population tunisienne et stabilisera les perspectives macroéconomiques".

Concernant la situation extérieure de la Tunisie, l'institution de Bretton Woods soutient qu'un taux de change plus flexible aidera à reconstituer les réserves internationales et de continuer à encourager les exportations, ce qui reste de la surévaluation du dinar pouvant être corrigé sans ajustement abrupt.

Les discussions sur les priorités à court terme de réforme économique dans le cadre du MEDC se poursuivront à Washington au cours des réunions de printemps des 20 et 22 avril.

L'équipe du FMI a rencontré le chef du gouvernement tunisien Youssef Chahed, le ministre des finances Ridha Chalghoum, le ministre de l'investissement Zied Laâdhari, le ministre des réformes majeures Taoufik Rajhi et le gouverneur de la Banque centrale Marouane El Abassi. Elle s'est également entretenue avec des représentants de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT), de l'Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat (UTICA) et de la société civile.

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