Frappes occidentales en Syrie : Les réactions à travers le monde

Frappes occidentales en Syrie : Les réactions à travers le monde

AA/ Pascal Mulegwa

Une vague de réactions internationales a été enregistrée samedi après que les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont lancé durant la nuit de vendredi à samedi des frappes ciblées en Syrie en riposte à l’attaque aux armes chimiques perpétrée, il y a une semaine, dans la ville de Douma faisant 78 civils morts et des centaines de blessés, selon les Casques blancs.

Plus de 100 missiles de croisière dont des missiles américains Tomahawk ont été tirés sur des bases et des centres de recherche scientifique près de la capitale syrienne, ainsi que contre un centre de recherches militaires près de la ville de Homs considérés par Donald Trump comme "des cibles associées aux capacités du dictateur syrien Bachar al-Assad en matière d'armes chimiques".

- Des frappes « appropriées » et « proportionnées » pour l’Europe, les USA et Ankara

Sur son compte Twitter, le président Américain Donald Trump a salué une frappe "parfaitement exécutée" ajoutant que la «Mission était accomplie! ».

Il a toutefois tenu à remercier les alliés français et britannique "pour leur sagesse et la puissance de leur excellente armée" sans qui le "résultat" des frappes "n'aurait pu être meilleur".

La Turquie a jugé que les frappes occidentales visant le régime syrien constituaient une "réaction appropriée" à l'attaque chimique, selon un communiqué du ministère turc des Affaires étrangères affirmant que la conscience de la communauté internationale "n'a aucun doute de ce point de vue".

"Nous saluons cette opération qui soulage la conscience de l'humanité tout entière face à l'attaque de Douma que tout porte à attribuer au régime" syrien, qui "tyrannise son propre peuple depuis plus de 7 ans, tant avec des armes conventionnelles que chimiques", souligne le communiqué.

La France qui a mobilisé à la fois des bâtiments de protection et de soutien, des frégates multi-missions et des avions de chasse pour frapper en Syrie, a déclaré samedi que l’opération militaire est "proportionnée".

Elle est "légitime, proportionnée et ciblée", a résumé le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, notant que "l’escalade chimique" en Syrie "n’est pas acceptable". La France veut "empêcher le régime (Al- Assad) de faire à nouveau usage d’armes chimiques", a-t-il ajouté.

Ces frappes étaient les premières pour la Grande-Bretagne contre le régime de Bachar al-Assad. Londres a activé ses avions de combat qui ont tiré des missiles contre des installations militaires en Syrie.

"Il n’y a pas d’alternative à l’usage de la force pour dégrader et empêcher le recours à des armes chimiques par le régime syrien" a affirmé la Première ministre britannique Theresa May dans un communiqué et un message vidéo largement relayé par les médias internationaux.

"Nous avons cherché tous les recours diplomatiques (…) mais nos efforts ont été constamment déjoués", a-t-elle affirmé rendant Damas responsable de l’attaque chimique dans la ville de Douma.

Dans la foulée de réactions enregistrées, la chancelière allemande Angela Merkel a soutenu le fait que "nos alliés américains, britanniques et français (...) aient pris leurs responsabilités".

L'attaque de cette nuit a été une réponse "motivée par l'utilisation d'armes chimiques" et cette "action circonscrite (...) ne sera pas le début d'une escalade", a appuyé le chef du gouvernement Italien Paolo Gentiloni.

Le chef de la diplomatie Tchèque Martin Stropnicky y a vu "un message clair à quiconque voudrait continuer des attaques chimiques en Syrie". Stropnicky a accusé l’ONU de n’avoir pas été capable de gérer "efficacement la situation".

Son homologue espagnol a salué "une action limitée dans ses objectifs et ses moyens" qui, "pour cette raison, constitue une réponse légitime et proportionnée" à l'attaque chimique présumée du 7 avril contre Douma.

Tout en soutenant les frappes, le président de la république de Slovénie Borut Pahor a appelé à "des efforts sincères pour trouver une solution diplomatique".

La Belgique, elle, a exprimé sa "compréhension" pour les frappes menées. "L'accent doit maintenant être mis sur des négociations politiques pour éviter l'escalade", a déclaré le Premier ministre Charles Michel.

La Roumanie a encouragé une réaction "ferme vis-à-vis des atrocités qui ont fait de nombreuses victimes" civiles à Douma, suivi du Portugal qui a compris "les raisons et l'opportunité de cette intervention militaire".

-L’UE et l’OTAN soutiennent, l’ONU appelle à la retenue

"J’appelle les Etats membres à faire preuve de retenue dans ces dangereuses circonstances et à éviter toute action qui pourrait conduire à une escalade et aggraver la souffrance du peuple syrien", a déclaré le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres.

Son homologue de l’OTAN, Jens Stoltenberg a affirmé "soutenir" les actions prises "contre les installations et capacités d’armes chimiques du régime syrien".

Ces frappes vont pratiquement "réduire la capacité du régime à mener d’autres attaques contre le peuple de Syrie avec des armes chimiques", a estimé Stoltenberg.

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a annoncé le soutien de l’Union européenne (UE) à la frappe américano-franco-britannique contre le Régime syrien.

Tusk a confirmé, dans un tweet officiel, que la frappe tripartite occidentale avait montré au Régime syrien, à la Russie et à l’Iran qu’ils ne pouvaient plus continuer à commettre une tragédie humaine sans en payer le prix. "L’Union européenne se tient avec ses alliés, c'est-à-dire avec le bon côté", a ajouté le responsable européen.

- Réactions mitigées en Asie …. et insulte à Poutine

La Russie qui n’a pas été avisée de ces frappes a dénoncé "un coup porté contre la capitale d'un Etat souverain qui a tenté pendant de nombreuses années de survivre au milieu d'une agression terroriste".

Ces frappes reviennent à "insulter le président russe" Vladimir Poutine, estime de son côté l'ambassadeur de Russie à Washington, Anatoli Antonov.

Le régime syrien s’est contenté de dénoncer une "agression barbare et brutale", l’Iran a mis en garde contre les "conséquences régionales". Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei est allé jusqu’à taxer les présidents américain et français et la Première ministre britannique de "criminels".

L’Arabie Saoudite a apporté son "plein soutien aux frappes (...) car elles constituent une riposte aux crimes du régime" syrien, d’après son ministre des affaires étrangères.

La Chine quant à elle s'est "opposée constamment à l'usage de la force dans les relations internationales" et a appelé Washington, Paris et Londres à "revenir dans le cadre du droit international et à résoudre la crise par le dialogue et la négociation". Ces frappes ont également été condamnées par l’Irak qui y a vu une opportunité au "terrorisme, une opportunité de se développer".

Depuis Lima, où il assiste au sommet des Amériques, le premier ministre Canadien Justin Trudeau a salué des mesures pour "diminuer la capacité du régime (syrien) de lancer des attaques par armes chimiques contre ses propres citoyens".

Largement commentées dans le Monde, ces frappes n’ont fait aucune victime au sein de la population civile ou de l'armée syrienne, d’après le chef opérationnel principal de l'état-major russe, le général Sergueï Roudskoï.

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