Israël condamne l’adoption par le Sénat polonais d’une loi controversée sur la Shoah (Lead)

AA/ Jérusalem/ Abdel Ra'uof Arnaout

Israël a condamné, jeudi, l'adoption par le Sénat polonais, dans la nuit de mercredi à jeudi, d'une loi controversée sur la Shoah.

La loi dispose de punir par des peines de prison allant jusqu'à trois ans de réclusion ceux qui attribuent « à la nation ou à l'État polonais » des crimes commis par les nazis allemands sur les territoires polonais, pendant la deuxième Guerre mondiale.

"La loi adoptée, mercredi soir, par le Sénat polonais représente une négation de l'Holocauste", a lancé, jeudi, le ministre israélien de l'Habitat et de la Construction, Yoav Galant, dans une déclaration à la presse, dont Anadolu a eu copie.

"La mémoire des six millions (de Juifs, [NDLR]) est plus forte que toutes les lois. Nous les garderons en mémoire. Nous sommes en mesure de nous défendre par nous-mêmes", a-t-il ajouté.

Le projet de loi a été adopté à la majorité de 57 voix pour, de 27 voix contre et de deux abstentions, a rapporté, jeudi, la radio israélienne.

Il convient de rappeler que le parlement polonais avait approuvé, la semaine dernière, le même projet de loi.

"Cela signifie que le projet de loi requiert désormais la signature du président polonais pour qu'il entre en vigueur", a ajouté la radio.

Pour sa part, le ministre israélien des Transports, Yisrael Katz, a réclamé au Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, le rappel de l'ambassadeur israélien à Varsovie, capitale de la Pologne, pour consultation, a rapporté le quotidien israélien "Haaretz".

"Le projet de loi adopté par les Polonais est dangereux et constitue un déni de la responsabilité et du rôle de la Pologne dans la Shoah", a lancé Katz.

"Dans un équilibre entre considérations politiques et morales, rendre justice aux victimes de l'Holocauste domine toute autre considération", a-t-il ajouté.

D'autre part, Tzipi Livni, ex-ministre israélienne des Affaires étrangères, a déclaré, citée par "Haaretz", que le projet de loi "est inacceptable".

A ses yeux "cette mesure aurait craché deux fois sur le visage d'Israël, que ce soit en tant qu'État pour le peuple juif et contre le Premier ministre qui avait annoncé avoir conclu des accords avec les Polonais".

Livni, également membre de la Knesset issue du parti opposant "camp sioniste" a ajouté "qu'Israël devrait répondre d'une manière ferme et explicite, commençant par documenter les crimes commis par les Polonais durant la Shoah, et exprimer un message clair qui dit : nous ne permettrons pas d'oublier ce qu'ils ont fait dans le passé".

Pour sa part, le journal israélien "The Jerusalem Post" a rapporté, jeudi, que 61 membres de la Knesset israélienne ont rapidement rédigé un contre-projet de loi qui considère le projet polonais "comme une forme de déni de l'Holocauste".

Des députés du gouvernement de coalition et de l'opposition également, ont pris l'initiative d'élaborer le contre-projet de loi, ajoute le journal.

Par ailleurs, la date de présentation au vote du contre-projet de loi, au sein de la Knesset n'a pas été indiquée.

L'Allemagne nazie avait envahi et occupé la Pologne en 1939, pendant la Seconde Guerre mondiale.

Israël déclare toujours qu'environ trois millions de Juifs avaient été tués par les nazis en Pologne.

La Pologne a de tout temps refusé d'utiliser des termes tels que «camps polonais de la mort, dès lors que cela se réfère, d'une certaine manière, à la rendre également responsable de ces massacres.

(AA)

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