Kalin: "Les Etats-Unis doivent regagner la confiance de la Turquie sur le terrain" (Lead)

"Nous n'avons aucun contact avec le régime syrien et il n'est pas question de cela pour l'heure", a notamment déclaré le porte-parole de la Présidence turque, rejetant ainsi les appels de l’opposition pour une reprise du dialogue avec Damas.

AA - Ankara - Tuncay Çakmak

Le porte-parole de la Présidence turque, Ibrahim Kalin, a déclaré que "les Etats-Unis doivent changer de politique en Syrie, notamment vis-à-vis de leurs alliés de l’organisation terroriste PYD/PKK, s’ils veulent rétablir la confiance avec la Turquie".

Ibrahim Kalin a tenu, mercredi, une conférence de presse au Palais Présidentiel à Ankara.

Il a commenté l’actualité nationale et internationale et répondu aux questions des journalistes.

L’opération Rameau d’olivier, lancée le 20 janvier par l’Armée turque contre les organisations terroristes PYD/PKK et Daech dans la région d’Afrin dans le nord-ouest de la Syrie, et pour sécuriser les frontières de la Turquie, a été au centre de la conférence de presse.

Kalin a rappelé que l’Armée turque a pris et prend toutes les précautions nécessaires pour épargner les civils à Afrin.

Le porte-parole de la présidence turque est ensuite revenu sur le soutien militaire des Etats-Unis à l’organisation terroriste PYD/PKK.

Il a rappelé que ce dernier, mis à mal par les opérations de l’armée turque, a demandé l’aide du régime de Bachar al-Assad.

"Cela montre que le PYD/PKK peut entrer dans tout type de collaboration. Les Etats-Unis doivent être conscients de cela. Nous pensons que cet appel à Damas est en réalité un message donné à Washington. Pour cette raison, l’administration américaine doit, sans attendre, retirer son soutien au PYD/YPG. Le soutien donné dans le cadre de la lutte contre Daech n’a plus de raison d’être puisque la menace a disparu", a-t-il déclaré.

Kalin a également dénoncé les déclarations de certains responsables américains qui affirment que le PYD n’est pas une organisation terroriste, alors qu’ils reconnaissent le caractère terroriste du PKK. Il a rappelé que le PYD et le YPG, ainsi que d’autres groupes portant des noms différents, sont des branches du PKK en Syrie.

Malgré ce contexte, Kalin a expliqué que la Turquie souhaite que les relations entre Ankara et Washington reviennent à des niveaux meilleurs.

"Nous menons des efforts pour rétablir la confiance avec les Etats-Unis mais cela nécessite en même temps que l'Administration américaine agisse sur le terrain", a-t-il dit.

Par ailleurs, pour répondre aux allégations sur les conséquences de l’opération militaire en Syrie sur l’économie turque, Ibrahim Kali a déclaré : "L'opération Rameau d'olivier n'a pas eu et n'aura non plus de conséquences négatives sur l'économie turque".

"Au contraire, l’écartement de la menace terroriste à nos frontières permettra de renforcer notre économie, d’augmenter les productions et d’attirer encore plus d’investisseurs étrangers. Notre croissance en 2017 qui a été d’environ 7,4% montre bien que notre économie est solide", a-t-il ajouté.

A une question d’un journaliste sur la Syrie, le porte-parole de la présidence a déclaré que le gouvernement et l’Etat turcs n’ont pris aucun contact avec le régime syrien.

"Nous n'avons aucun contact avec le régime syrien et il n'est pas question de cela pour l'heure", a-t-il affirmé, rejetant ainsi les appels de l’opposition turque pour une reprise du dialogue avec Damas.

Ibrahim Kalin a ensuite abordé la question des relations entre la Turquie et l’Union européenne (UE), alors qu’un futur sommet Turquie-UE est prévu le 26 mars en Bulgarie, pays qui assure la présidence tournante de l’Union.

Le sujet qui revient souvent, à cet effet, est celui de l’exemption des visas européens pour les citoyens turcs.

"L'éventuelle levée, en 2018, des visas européens pour les Turcs donnera un nouvel élan aux relations Turquie-UE", a-t-il estimé.

Il a expliqué qu’un dossier a été préparé par le ministère turc des Affaires Européennes pour la mise en application des 72 critères exigés par Bruxelles pour la levée des visas.

"Nous nous attendons à ce que ces discussions aboutissent au plus vite et que cette mesure, prévue dans l’accord Turquie-UE du 18 mars 2015, soit enfin mise en pratique, même si elle a toujours été retardée pour diverses raisons", a-t-il conclu.

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