La Tunisie abrite la 1ère conférence sur le financement de l’investissement et le commerce en Afrique

L’objectif est de porter le taux des échanges de la Tunisie avec le continent de 3% à 10% en 2020

AA/Tunis/Bouazza Ben Bouazza

La première édition de la Conférence sur le financement de l’investissement et le commerce en Afrique « FITA 2018 » ou « Financing Investment & Trade in Africa », s’est ouverte mardi à Gammarth, une banlieue du nord Tunis, dans le but de rechercher les moyens à même de booster le commerce intra-africain et les solutions de nature à surmonter les entraves qui freinent la réalisation de cet objectif.

Pour Bassam Loukil, président du « Tunisia-Africa Business Council » (TABC), initiateur de la rencontre, « nous escomptons de porter les échanges de la Tunisie avec l’Afrique de 3% actuellement à 10% à l’horizon 2020 », pour peu que soit résolue « la forte problématique » de la réglementation de change et de l’accès aux financements auxquels sont confrontés les opérateurs économiques tunisiens dans le cadre de leurs projets de croissance à l’export et d’investissement en Afrique.

Selon les organisateurs, l’Afrique peut créer une économie de 2000 milliards de dollars en simplifiant les règles du commerce et de l’investissement intérieur, ce qui prouve l’importance du commerce intra-africain.

Reste le problème du financement : à titre d’exemple dans son rapport de mars 2015 intitulé Financements novateurs et transformation économique en Afrique, la CEA (Commission Economique pour l’Afrique) évalue les besoins actuels de l’Afrique en matière d’infrastructures à la colossale somme de 93 milliards de dollars par an. Avec 45 milliards mobilisés, le déficit annuel s’élève donc à près de 50 milliards.

Le potentiel de l’Afrique est énorme. Le continent peut soutenir, développer et mettre en œuvre des instruments financiers intérieurs viables, notamment des flux financiers découlant de la titrisation des transferts de fonds, des revenus des minéraux et des combustibles minéraux, des réserves internationales des banques centrales et de la croissance du marché des fonds de capital-investissement, des pistes qui doivent être explorés lors de la première édition de FITA 2018.

Cette rencontre organisée en partenariat avec les ministères concernés, regroupe quelque 500 cadres et décideurs africains.

Pendant deux jours, plusieurs ministres d’investissement, de coopération internationale et de commerce africains ainsi que les patrons des institutions financières panafricaines et internationales et des experts, se pencheront sur les meilleurs moyens d’enrichir les dispositifs et techniques de financement à même de soutenir le développement attendu du commerce et de l’investissement intra-Africain.

Aussi, pour atteindre ces objectifs, le TABC se propose-t-il, à travers cette nouvelle initiative, de procéder à

- un état des lieux du financement du commerce et de l’investissement, que se soit en Tunisie ou en Afrique généralement,

- une présentation des offres et mécanismes de financement sur le continent Africain,

- d’offrir un espace d’opportunités et de rencontres entre organismes panafricains de développement économique, banquiers, capital-risqueurs, fonds d’investissement et experts.

- de concevoir des solutions financières alternatives émergentes – capital développement, crowdfunding, assurance-crédit – pouvant intervenir en complément de l’offre bancaire traditionnelle africaine,

- un rapprochement entre les banques tunisiennes et leurs homologues panafricains pour faciliter l’accès aux services financiers en Afrique.

Selon les organisateurs, cette première édition offre l’occasion aussi pour quelques pays subsahariens de présenter leurs plans de développement économique, les projets d’investissements structurants en particulier en PPP (partenariat public-privé), ainsi que les modalités de financement.

Le programme prévoit des workshops en présence des institutions financières panafricaines et des opérateurs économiques, afin de développer des synergies. En effet, de nombreux gouvernements africains ont engagé une politique volontariste qui vise à encourager et à favoriser l’implication du secteur privé dans le financement des projets structurants d’Etat.

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