Le président Emmanuel Macron annonce plusieurs aides financières à la Tunisie (Lead)

- Ajout de déclarations de Macron et de son homologue tunisien Essebsi

AA/Tunis/Bouazza Ben Bouazza

Arrivé peu auparavant pour une visite d'Etat de deux jours, le président français Emmanuel Macron a annoncé mercredi soir l'octroi de plusieurs aides financières à la Tunisie d'un montant global de 180 millions d'euros, pour l'aider à faire face aux difficultés économiques et sociales auxquelles elle est confrontée.

Parmi ces aides, il a cité la reconversion de 30 millions d'euros de dettes en projets de développement.

Des accords dans ce sens ont été signés par les deux parties à l'issue des entretiens qui ont eu lieu au palais présidentiel de Carthage, entre le président tunisien Béji Caïd Essebsi et son hôte, élargis ensuite aux membres des délégations des deux pays parmi lesquels figuraient plusieurs ministres y compris ceux des affaires étrangères.

L'un d'eux porte sur une enveloppe de 100 millions d'euros destinée à la réformes des entreprise publique et un autre d'un montant de 50 millions d'euros, destiné à la création d'un fonds d'appui aux jeunes entrepreneurs visant à lutter contre le chômage qui affecte 35% des diplômés, a-t-il précisé.

Parlant lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue tunisien, le président Macron a par ailleurs, annoncé l'octroi de 500 millions d'euros supplémentaires que l'Agence française de développement (AFD) consacrera à la Tunisie pour la période 2020/2022, en plus de l'enveloppe déjà allouée pour la période 2016/2020.

« Nous avons pleinement conscience que c'est sur le plan économique que se joue la partie en Tunisie, où des réformes doivent être mises en œuvre qui sont souvent douloureuses, mais indispensables pour que la Tunisie redevienne un pôle majeur d'attractivité », a déclaré le président français.

Il a fait remarquer que « c'est pour cela que la France fait le nécessaire pour que les décisions de l'UE soient conformes à ce défi et souhaite accompagner la Tunisie dans ce travail ».

« Ce n'est pas une aide que nous apportons à la Tunisie. C'est un travail que nous devons mener ensemble, parce que si vous échouez, nous échouerons et c'est conscient de ce défi que je suis ici, en Tunisie », a-t-il insisté.

Le président Macron a fait observer que sa visite « s'inscrit à un moment important de la vie de la Tunisie ».

« Sept ans après la révolution, c'est une étape fondamentale que traverse la Tunisie », a-t-il ajouté en saluant « le travail effectué par le président Essebsi, porté par le peuple tunisien, de modernisation profonde qui a conduit à une Constitution exemplaire qui pourrait nous inspirer dans nombre de cas », a-t-il encore dit.

Il a salué « un vrai modèle tunisien de transition démocratique de la Tunisie qui défend les valeurs qui sont les siennes, démocratiques, de liberté de conscience et d'égalité entre hommes et femmes ».

Evoquant les problèmes régionaux, il a mis l'accent sur « la stabilité indispensable en Libye ». « La France a constamment poussé à trouver les conditions pour que le peuple libyen décide de son avenir et qu'en tous ca, la stabilité et l'intégrité de la Libye soient assurées, ce qui est la condition de la sécurité dans toute la région et tout particulièrement du voisin qu'est la Tunisie », a-t-il affirmé.

Il a exprimé son soutien aux efforts que mène le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies, Ghassen Salamé en formulant l'espoir qu'ils conduiront à des élections dans les mois à venir.

En réponse à une question d'un journaliste français, Macron a admis que la France n'était pas sans lien avec ce qui ce qui s'est passé en Libye et les conséquences qu'en subit la Tunisie.

« Nous avons donc une grande responsabilité pour créer les conditions de la stabilité et du progrès nécessaires pour que la Tunisie retrouve les potentiels et les perspectives économiques pour elle-même », a-t-il reconnu.

« La visite du président Macron renferme plus d'un message et marquera un nouvel essor dans les relations tuniso-française », a, de son côté souligné le président Caïd Essebsi, notant que « c'est dans les moments difficiles » qu'on reconnaît ses amis.

Le chef de l'Etat tunisien a, d'autre part, adressé ses remerciements au président et au gouvernement français pour le soutien apporté à la Tunisie pour la rayer de la liste des paradis fiscaux établie par l'Union européenne, considérant cette affaire comme « l'injustice du siècle » car, a-t-il dit, « elle a porté préjudice à notre pays et en a donné une fausse image ».

« Nous sommes un paradis en effet, mais pas dans ce chapitre », a-t-il ironisé.

Il s'est, en outre, félicité, des accords signés entre la Tunisie et la France qui, en plus du volet financiers portent sur la coopération culturelle, l'enseignement et surtout la jeunesse.

S'agissant de la politique étrangère, il a noté que les deux parties avaient abordé notamment la situation en Libye. « Nous avons convenu d'œuvrer de concert pour la normalisation de la situation dans ce pays voisin et pour l'édification d'un Etat par les Libyens eux-mêmes sans interférence extérieure.

Pour ce qui est du problème palestinien, Caïd Essebsi a noté que Tunis et Paris vaient « des positions proches ». « On ne peut pas laisser les Palestiniens seuls dans la situation qui est la leur », a-t-il dit.

(AA)

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