Projet de loi asile et immigration: Un parcours législatif qui s’annonce tendu

Décalé en raison du débat sur les frappes en Syrie, le débat législatif relatif au projet de loi a débuté lundi à 21 heures.

AA / France / Suheda Dinc

Décalé en raison du débat sur les frappes en Syrie, le débat législatif relatif au projet de loi « Pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif », porté par le Ministre français de l’intérieur, Gérard Collomb, a débuté lundi à 21 heures, a appris Anadolu de source officielle.

Les débats préliminaires ont été animés laissant entrevoir un parcours législatif tendu.

C’est d’abord le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, qui est intervenu à l'ouverture des débats, lors d'un discours d'une trentaine de minutes tenu à l'Assemblée nationale, pour rappeler les « trois objectifs majeurs » du projet de loi que sont « une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif, une intégration réussie ».

Ce dernier a souligné l’ « urgence à réagir » au regard de l’accroissement des demandes d’asile en France, entre les années 2010 et 2017, et de l’incapacité d’accueil des dispositifs d’hébergements au niveau national.

Une grande partie du discours a été consacrée aux mesures suscitant la controverse dont la rétention. Si le ministre reste attaché à l’allongement de la durée de la mesure il a également réitéré ses promesses relatives à l’amélioration des délais dans les centres d’accueil sans toutefois fixer de « date butoir ».

Dans l’hémicycle les tons offensifs sont très vite montés contre le projet considéré « laxiste » par la droite, « dangereux » par la gauche et décrié au sein même de la majorité.

« Ce projet de loi traite l'étranger en délinquant, l'enfant en adulte, le malade en imposteur et le demandeur d'asile en fraudeur ! » s’est indigné Laurence Dumont, députée Nouvelle Gauche du Calvados (Normandie, nord-ouest).

Pour Éric Coquerel, député La France Insoumise (gauche), le texte est une « loi monstre », « extrême » et « inhumaine » en ce qu’elle durcit les conditions d’accueil.

Les Républicains (droite/centre-droit) qui dénoncent depuis le début de la présentation du projet un texte trop « laxiste » souhaitent, selon les termes du député Guillaume Larrivé, l’instauration de « plafonds d’immigration » c’est-à-dire de « contingent limitatif » et ce pour « diminuer globalement l’immigration et la réguler intelligemment ».

Eric Ciotti, également député LR, s’est attardé à l’article 3 « le plus porteur de risque » et qui prévoit l’extension du regroupement familial aux frères et soeurs du demandeur et pas seulement aux ascendants. Un article susceptible, selon lui, de profiter aux passeurs.

En revanche, selon Yaël Braun-Pivet, présidente de la commission des Lois et député La République en Marche (centre) le projet « permet de faire face à la crise migratoire sans renier nos idéaux ».

Au final, plus d'un millier d'amendements sont au menu jusqu'à la fin de la semaine, dont 200 des députés LREM.

Les débats qui se sont arrêtés à 1h00 reprendront mardi en fin d’après-midi sachant qu’aucun des amendements n’ont pour le moment été examinés lundi soir.

YORUMLARI GÖR ( 0 )
Okuyucu Yorumları 0 yorum
Diğer Haberler