RDC-Double nationalité : l’Épiscopat redoute "des règlements de comptes politiques"

RDC-Double nationalité : l’Épiscopat redoute "des règlements de comptes politiques"

AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa

L’épiscopat congolais a soulevé vendredi la problématique de la double nationalité au
cœur d’une forte polémique en République démocratique du Congo (RDC) où elle
pourrait déboucher à des "règlements des comptes" à huit mois du triple scrutin dont
le présidentiel le 23 décembre de cette année.

La conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) "redoute la montée des
tensions identitaires et l’instrumentalisation de la justice pour des règlements des
comptes politiques", a déclaré lors d’un point de presse à Kinshasa, le secrétaire
général de l’épiscopat l’abbé Donatien N’shole lisant une position commune des
évêques catholiques de la RDC.

La double nationalité interdite par la constitution congolaise qui consacre l’exclusivité
de celle-ci est au cœur d’une polémique au Congo –Kinshasa depuis que les autorités
congolaises ont affirmé que l’opposant Moise katumbi, candidat favori à la
présidentielle a détenu la nationalité italienne pendant une dizaine d’années.

Le parquet général congolais, a ouvert fin mars une "information judiciaire" contre
l’opposant, -ex-proche influent du président Joseph Kabila et gouverneur de la riche
province du Katanga (Sud-est) jusqu’en 2015 avant de passer à l’opposition-, pour
"faux et usage de faux" et "usurpation de nationalité".

"Comment voulez-vous qu’un individu se sachant de nationalité italienne puisse se
présenter devant nos bureaux pour avoir le passeport, la carte d’électeur ? Tout ce
temps qu’il a passé à la tête de la province, il se prévalait des actes faux, de faux
documents", s’était emporté le chef des parquets congolais Flory Kabange lors d’un
point de presse.

Katumbi et ses proches crient à l’acharnement. Son porte-parole Olivier Kamitatu a récemment déclaré que cette problématique est une "boite de pandore" dans un
pays déchiré par plus de 20 ans de conflit armé et de violences interethniques.

Les évêques ont aussi exigé la certification de la "machine à voter" proposée par la
commission électorale pour les scrutins à venir, mais rejetée par les puissances
occidentales, l’opposition et la société civile qui redoutent une fraude massive en
faveur du camp au pouvoir.

Très influent dans un pays majoritairement chrétien, les prélats déjà en bras fer avec
le président Kabila depuis fin 2017, ont déploré la montée de tension diplomatique
entre Kinshasa, les puissances occidentales.

Cette surchauffe a amené à des prises des décisions qui "pénalisent davantage le
peuple congolais" ; ont-il indiqué demandant que la souffrance du peuple "soit mis
au dessus" des revendications politiques.

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