RDC : Internet coupé et manifestations interdites

Les marches organisées par le Comité laïc de coordination ont été essentiellement interdites à Kinshasa, à Goma, à Lubumbashi, à Mbuji-Mayi et dans plusieurs autres villes

AA / Goma / Fiston Mahamba

Le gouvernement de la République démocratique du Congo a coupé l’accès à Internet et aux services de messagerie, dimanche, sur toute l’étendue du pays, quelques heures avant le démarrage des manifestations convoquées par le Comité laïc de coordination, une structure de l’église catholique.

Alors que les précédentes coupures étaient intervenues à la veille des manifestations, celle du 25 février a été opérée le jour même dans la matinée.

La veille, Emery Okundji Ndjovu, ministre de Postes, télécommunications et nouvelles technologies, a démenti les rumeurs qui ont circulé sur les réseaux sociaux, indiquant que l’accès à Internet allait être coupé samedi.

Toutefois, l’officiel congolais a prévenu qu’il est dans les prérogatives de l’Etat d’apprécier s’il est nécessaire de couper l’accès à Internet ou non.

«Il revient pleinement à l’Etat d’apprécier la menace sur la sécurité publique avec la probabilité d’interrompre Internet et d’interdire en tout ou en partie, et durant le temps qu’il détermine, l’usage des installations de communication», a tweeté le ministre, appelant la population au calme.

Les marches organisées par le Comité laïc de coordination ont été essentiellement interdites à Kinshasa, à Goma, à Lubumbashi, à Mbuji-Mayi et dans plusieurs autres villes de la République démocratique du Congo.

Les autorités administratives de ces agglomérations ont indiqué que les organisateurs de ces manifestations n’ont pas répondu aux prescrits de la loi qui régit les manifestations publiques, notamment l’absence d’itinéraires clairs et la non association des autorités locales dans la planification de l’encadrement des manifestants.

Dans une adresse aux unités de la police déployées dans la ville de Kinshasa, le général Sylvano Kasongo, commandant de la police nationale congolaise dans la capitale de la RDC a appelé les policiers à encadrer les manifestations et à éviter de tirer sur les civils.

L’ONG Internet sans frontières a déclaré qu’elle envisage de saisir le Conseil des droits de l’homme de l’ONU contre le gouvernement congolais en cas d’une nouvelle coupure d’Internet en RDC.

Julie Owono, directrice exécutive de cette ONG qui milite globalement pour le droit d’accès à l’information en ligne a précisé qu’un rapport devrait être déposé au Conseil des droits de l’homme de l’ONU contre la censure d'Internet qui pourrait intervenir lors de manifestations des fidèles catholiques contre le pouvoir.

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