Tchad : la société civile lance le «jeudi de la colère »

En protestation contre les mesures d’austérité du gouvernement

AA / Tchad / Mahamat Ramadane

Au Tchad, une dizaine d’organisations de la société civile ont appelé la population à une marche pacifique sur tout l’étendue du territoire, le jeudi 8 février 2018. Cette marche, baptisée "le jeudi de la colère", a pour but, selon la société, de dénoncer les mesures d’austérité impopulaire du gouvernement.

«Nous appelons le peuple tchadien, sans distinction aucune, à marcher en grand nombre jeudi prochain. Ainsi et seulement ainsi, le Tchad sortira de la longue nuit dans laquelle il est plongé depuis 27 trop longues années», souligne le communiqué publié, lundi, par le collectif des organisations de la société civile.

Il appelle également au refus de toutes les mesures prise par le gouvernement en vue d’équilibrer les finances publiques.

«Ensemble disons « NON » à la gestion clanique de nos ressources publiques ; NON à l’arbitraire érigé en système de gouvernance ; NON aux exactions des agents de l’ANS, des commandants de brigades et des agents des eaux et forêts dans nos villes et nos provinces ; NON à l’appauvrissement programmé de la majorité et à l’enrichissement insolent et hors normes de la minorité. Ensemble, arrêtons de subir cet esclavage des temps modernes», précise le communiqué.

Le communiqué rappelle les différentes dispositions entrées en vigueur en janvier 2018, «sous prétexte de crise économique».

Il note principalement «l’abattement des salaires des fonctionnaires, le triplement de l’impôt sur le revenu des personnes physiques, l’augmentation des prix du carburant à la pompe, l’augmentation du mètre cube d’eau, l’interdiction du fagot et du charbon de bois en vue d’obliger les citoyens à acheter le gaz, l’augmentation des frais d’inscription à l’université».

Ces mesures ont été prises "malgré la manne pétrolière qui a inondé le Tchad pendant plus de quinze ans", s'exclame la société civile.

Du côté du gouvernement, le ministre tchadien de la Fonction publique, du travail et du dialogue social, Mahamat Moctar Ali, dans un entretien à Anadolu, estime que les mesures et les actions entreprises par le gouvernement pour sortir le pays de la crise sont incomprises par les organisations de la société civile.

«Notre pays traverse une situation socio-économique difficile consécutive à la chute du baril de pétrole induisant un faible niveau des recettes publiques», a-t-il indiqué à Anadolu

Cette récession économique, a-t-il ajouté, dont les conséquences sont perceptibles dans le monde entier, a plongé notre pays dans une situation de précarité qui nécessite un sursaut patriotique national. Mais nous sommes incompris par nos partenaires sociaux.

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