Tunisie: Coup d'envoi de la campagne électorale pour le premier scrutin municipal post-révolution

52% des candidats ont moins de 35 ans et 49% sont des femmes

AA/Tunis/Bouazza Ben Bouazza

La campagne électorale en vue du premier scrutin municipal post-révolution prévu le 6 mai prochain, a démarré samedi en Tunisie dans les 350 communes que compte le pays.

Plus de 2000 listes candidates dont 1055 partisanes, 860 indépendantes et 159 listes de coalition entre plusieurs partis sont en lice pour cette consultation populaire locale considérée comme une étape marquante du processus de transition engagé après la chute de l'ancien régime en 2011 et de la consolidation de la démocratie naissante en Tunisie, seule rescapée parmi les pays du "printemps arabe".

Dès le premier jour de la campagne qui durera deux semaines, de nombreuses listes candidates ont donné le ton en tenant des meetings pour plaider en faveur de leurs programmes et en distribuant leurs manifestes électoraux.

Dans une atmosphère particulière à de telles échéances, une effervescence a été observée dans certaines villes et cités qui ont été ornées de banderoles sur lesquelles étaient inscrits les slogans des candidats.

Selon l'Instance supérieure indépendante électorale (ISIE), 52% des candidats ont moins de 35 ans et 4% seulement plus de 60 ans, tandis que les 49% sont des femmes.

Parmi les listes candidates, 18 sont conduites par des personnes porteuses de handicap (13 hommes et 5 femmes).

Ces élections seront, par ailleurs, marquées par la participation, pour la première fois, des membres des institutions militaire et sécuritaire. Des mesures spéciales ont été prises pour le vote de cette catégorie d'électeurs, prévue une semaine avant, le 29 avril courant, en interdisant aux médias de les photographier ou de recueillir des déclarations pour ne pas dévoiler leurs penchants politiques.

Alors que les sondages appréhendent une désaffection surtout des jeunes, l’Instance électorale avait lancé dernièrement un programme de sensibilisation pour inciter les plus de 5.300.000 inscrits sur le registre électoral à se rendre aux urnes pour élire leurs futurs représentants dans les conseils municipaux.

L'enjeu de ce scrutin plusieurs fois reporté en raison de tiraillements politiques, est de consacrer les principes inscrits dans la nouvelle Constitution tunisienne adoptée en 2014 qui stipulent une décentralisation du pouvoir en accordant une large autonomie aux autorités locales.

Son issue devrait préfigurer du paysage politique en vue des élections majeures législatives et présidentielle prévue en 2019.

Aussi, les deux principales formations rivales présentes sur scène et qui font néanmoins partie de la coalition au pouvoir ont-elles fait le plein de candidats, 350 listes pour le parti à obédience islamiste "Ennahdha" et un peu moins (325) pour le parti Nida Tounes (L'appel de la Tunisie) fondé par l'actuel président Béji Caïd Essebsi.

Bien que ne disposant pas des mêmes moyens et des mêmes assises populaires, les candidats des vingt autres partis en lice et les indépendants ne désarment pas pour autant. Ils disent miser sur la frustration d'une bonne partie de l'électorat désabusé par les élites politiques et les gouvernements qui se sont succédés depuis plus de sept ans qui n'ont pas répondu à leurs attentes avec notamment un chômage élevé qui perdure et des indicateurs économiques continuellement au rouge, selon les mêmes sondages.

YORUMLARI GÖR ( 0 )
Okuyucu Yorumları 0 yorum
Diğer Haberler