Tunisie : le vote du parlement européen n’est pas une sanction (ambassadeur de l’UE)

Bergamini espère un nouveau classement de la Tunisie dans les prochains mois

AA / Tunis / Bouazza Ben Bouazza

L’ambassadeur de l’Union européenne en Tunisie Patrice Bergamini a déclaré que le vote du parlement européen classant la Tunisie dans la liste des pays fortement exposés aux risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, «n’est nullement une sanction», mais plutôt «un appel à la vigilance et à davantage d’engagement sur les réformes».

«C’est une opportunité d’aller de l’avant vers plus de vigilance et d’efficacité dans la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme», a-t-il déclaré, mercredi soir, à la presse, en formulant l’espoir que, dans les prochains mois, le classement de la Tunisie sera révisé.

Selon lui, les réformes déjà entamées et qu’il importe d’accélérer doivent combler «les défaillances» ciblées par le GAFI (Groupe d’action financière internationale) et l’OCDE (Organisation pour le commerce et le développement économique) en mettant en place «des outils économiques et financiers qui assurent la transparence et l’efficacité».

Le GAFI regroupe 35 pays dont 15 européens, les Etats-Unis, le Japon, la Chine, la Russie, la Turquie, le Conseil de coopération du Golfe, la Malaisie, le Canada et autres.

Pour le diplomate européen, il s’agit de «s’assurer que les circuits financiers ne soient pas opaques et que quand il y a création de richesse, elle ne soit pas artificielle, mais qu’elle profite à l’économie tunisienne et à la création d’emplois».

Le but est d’éviter que des opérateurs financiers profitent des failles du système, car, a-t-il noté, il y a des réglementations héritées de l’ancien régime qui ne sont pas d’actualité et pas assez rigoureuses pour identifier la provenance et l’origine des fonds, ainsi que leur destination, a-t-il expliqué.

Il a fait état de contacts déjà établis «pour accompagner et soutenir la Tunisie dans le travail de réformes structurelles, législatives et réglementaires qui lui permettront d’adresser au GAFI dans les prochaines semaines, les prochains mois, les bons signaux pour avoir avant l’été, je l’espère, peut-être d’ici la fin du printemps, un nouveau classement».

«Tout dépend de la volonté, du volontarisme des autorités tunisiennes et il n’y a aucun doute sur ce chapitre», a-t-il plaidé, notant que «le gouvernement tunisien est déjà en action et s’est mis à la tâche pour mener ses réformes, malgré toutes les difficultés».

Il a, dans ce contexte, fait observer que «pour les investisseurs, les questions fiscales ne sont qu’un des paramètres dans la décision d’une entreprise de venir ou pas.

Il y a des paramètres plus importants que sont la stabilité politique, la visibilité économique et la sécurité et nous sommes dans un pays qui, depuis novembre 2015, a su démontrer qu’il était résilient face au terrorisme, dans la mesure où il n’y a plus eu d’attaques terroristes depuis».

Bergamini a assuré que la Tunisie aura toujours à ses côtés l’Union européenne, son principal partenaire.

«On est là et on restera aux côtés de la Tunisie, de sa jeune démocratie. On n’a pas le choix, c’est une nécessité, parce qu’il y a cette volonté de garantir la transition sociale et économique de la Tunisie. La Tunisie a besoin de l’Europe et l’Europe a besoin du succès de la Tunisie», a-t-il martelé.

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