Tunisie : limogeage imminent du gouverneur de la Banque centrale

Un haut cadre de la Banque mondiale pressenti comme successeur

AA/Tunis/Bouazza Ben Bouazza

Quelques heures à peine après un nouveau blackisltage de la Tunisie par le parlement européen, le chef du gouvernement tunisien Youssef Chahed a décidé mercredi d’activer la procédure qui consiste à mettre fin aux fonctions du gouverneur de la Banque centrale Chedli Ayari.

Cette mesure qui prend l’allure d’une sanction vient en application des dispositions de l’article 78 de la Constitution. Elle a été présentée au président de la République Béji Caïd Essebsi.

Le chef du gouvernement a proposé comme successeur à M. Ayari, Marouane El Abassi, 58 ans, qui occupe actuellement le poste de représentant de la Banque Mondiale pour la Tunisie et la Libye, pour lui succéder.

Marouen Abassi est docteur en économie de l’université de Paris I Panthéon Sorbonne, titulaire d’un mastère en économie mathématique et économétrie de l’université de Paris II et d’un mastère en agroéconomie de l’université de Paris I Panthéon Sorbonne-INRA. Il a été plusieurs fois distingué pour l’excellence de son enseignement et de sa recherche. En 1997, il a été conseiller principal à l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE), expert pour l’Institut tunisien des études stratégiques (ITES) et conseiller économique auprès du ministre du Commerce, du tourisme et de l’artisanat chargé de piloter les projets de développement des exportations financés par la Banque mondiale.

Une fois validée, la proposition doit être examinée et votée par l'Assemblée des représentants du peuple (parlement).

La proposition intervient aussitôt après l’inscription de la Tunisie par le parlement européen sur la liste noire des pays susceptibles d’être fortement exposés au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme.

Le journal en ligne Businessnews accuse la Banque centrale de Tunisie d’avoir « très longtemps fermé les yeux » sur les virements obscurs que reçoivent des ONG et des partis politiques, sans qu’il y ait « aucun contrôle, aucun suivi sérieux. Les médias ont beau citer nommément des associations, il n’y a pas eu de suite ».

En décembre dernier, la Tunisie avait été inscrite par les ministres des finances de l’Union européenne dans la liste noire des pays considérés comme des paradis fiscaux, une mesure qui a été levée fin janvier pour être transférée dans une « liste grise ».

« La première inscription de la Tunisie est restée impunie et aucun coupable n’a été désigné. Cette deuxième inscription qui ne sera pas levée dans les semaines et les mois à venir, contrairement à la précédente, exige des mesures immédiates de sanction de la part du président de la République et du chef du gouvernement », suggère le journal.

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